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BELARBEY MOHAMED SGHIR

BELARBEY MOHAMED SGHIR

( Cherchell 1850 - Alger 1939 )

Premier médecin algérien

 

Nous abordons cette fois l’histoire de la médecine en Algérie, noyau du Grand Maghreb. C’est en 1855 que fut crée la seconde école de médecine et de chirurgie d’Alger, laquelle devient Faculté mixte de médecine et de pharmacie d’Alger en 1909, sous la direction du chirurgien lyonnais le doyen Curtillet ( 1863-1933).

 Deux nouvelles facultés ont été ouvertes en 1958 à Oran et à Constantine.

      En 1940 les étudiants marocains et tunisiens qui allaient habituellement faire leurs études supérieures en France (médecine, pharmacie, lettres) vont s’inscrire à l’université d’Alger, unique université alors pour tout le Maghreb.

 En 1945 les étudiants maghrébins ont quitté Alger pour terminer leurs études médicales  en France. Ce fut le cas pour docteur Hamza Béchir futur professeur en pédiatrie et directeur de l’hôpital d’enfants  à Tunis et docteur Abdelkrim AlKhatib  futur chirurgien  et grand leader marocain . En 1942  et après  le professeur en pédiatrie  A. Benallègue a remarquablement participé à la formation des étudiants maghrébins en tant que présidente de l’Association des internes et anciens internes des hôpitaux d’Alger.

     En 1945 fut crée le premier établissement d’enseignement supérieur moderne en Tunisie qui est l’Institut des Hautes Etudes (années préparatoires aux études médicales). L’obtention de ce certificat permettait l’accès aux facultés françaises de médecine.

    Les facultés de médecine ont été crées en Tunisie en 1964 à Tunis et en 1974 à Sousse et à Sfax. Le professeur Amor Chadli était le premier doyen de la faculté de médecine de Tunis et premier directeur tunisien de l’Institut Pasteur de Tunis. 

         

 

 

 

 

Venons en maintenant au  docteur Belarbey Mohamed Sghir, premier médecin algérien diplômé des universités européennes et probablement premier médecin maghrébin diplômé des facultés françaises et européennes . Il a commencé ses études à Cherchell, puis à Alger où il était scolarisé dans les écoles primaires crées par Napoléon III uniquement pour les autochtones, puis il y a fait des études secondaires. Il a poursuivi ses études supérieures à la faculté de médecine d’Alger et à celle de Paris où il a soutenu sa thèse avec mention excellent en 1884, dans sa tenue traditionnelle (chéchia, amama et burnous) et en présence de son ami l’éminent  poète Victor Hugo. Lors de la soutenance de sa thèse, le professeur Béclard, doyen de la faculté de médecine de Paris, président de jury lui avait lancé cette boutade : « nous vous rendons aujourd’hui ce que nous avons emprunté à vos aïeux ».

Le docteur Belarbey Mohamed Sghir est l’un des trois frères Belarbey, tous érudits en langue française. L’aîné, Mohamed,  est interprète, le second, Kaddour, est médecin du palais à Tunis.

En 1873, le médecin tunisien Hamda Tbal a été remplacé à la tête de l’hôpital Elazzafine à Tunis (futur hôpital Sadiki ou Aziza Othmana à Tunis) par Kaddour ben Ahmed Belarbey officier de santé de nationalité algérienne, formé à l’Ecole de Médecine d’Alger. Il fut nommé par décret beylical médecin de l’Hôpital Sadiki, il était également médecin du Collège Alaoui et de la municipalité de Tunis. Le docteur Kaddour avait acquis la nationalité tunisienne. Il avait des rapports très cordiaux avec ses contemporains et était estimé de tous. Il mourut en 1893. En 1890 il eut été rejoint par son  frère le docteur Belarbey Mohamed Sghir, diplômé de la faculté de médecine de Paris et dont la thèse sur «  les maladies oculaires chez les arabes » fut l’une des premières et rares thèses traduites en arabe, avec les soins de l’imprimerie officielle, par Ali Bouchoucha en 1891 et enregistré sous le n° 4256 à Tunis. 

Durant sa vie le docteur Belarbey Mohamed Sghir avait toujours lutté pour sa patrie, l’Algérie. En 1888, le Dr. Belarbey lutta avec acharnement pour faire échec au plan du gouvernement général de l'Algérie, lequel visait à détruire les mosquées de Djemaâ El Kebir et Djemaâ Djedid, pour construire à leur place des hôtels. Lorsqu'en 1891, l'Etat français a tenté de remplacer les mahkamates par des tribunaux présidés par des non-musulmans, notre docteur s'est trouvé à l'avant-garde d'une révolte des Algériens à tel point que le Parlement français a dégagé une commission d'enquête présidée par Jules Ferry.

Le docteur Béchir Dinguezli né en 1869 à Tunis sera le premier médecin tunisien à acquérir en 1897 le titre de docteur de médecine d’une faculté européenne.

Le docteur Mohamed Hassen Elfitouri né en 1882 à Zliten sera à son tour le premier médecin lybien qui a acquis le titre de docteur en médecine de la faculté d’Istanbul (Turquie) en 1906.

 

 

                          Dr Askri M.Moncef

                                                       Médecin Major de la santé publique

                                                       Chef  de service d’hygiène Zaghouan

 

 

 

 

Bibliographie

 

-Pr Zitouna M. : La médecine en Tunisie 18881-1994(Tunis 1994)Tunisie Médicale.

            -Pr Sleim Ammar : Les tournants de la médecine en Tunisie de l’époque hafside à l’indépendance.

-Santémaghreb.com : histoire de l’Algérie médicale.

-Pr A.Benallegue : Congrès médical maghrébin : histoire, souvenirs, sens.

-Abderrahman Ben Mohamed Djillali: Histoire générale d’Algérie.

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