Journée de l'Enfance
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Khalil Gibran
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Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont
projetés.
(extrait du recueil Le
Prophète)
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Journée Mondiale des enfants disparus
JOURNÉE MONDIALE DES ENFANTS DISPARUS
L’innocence en danger
L’Algérie connaît à l’instar des autres communautés cette «bouleversante» réalité et qui commence malheureusement à prendre des
proportions alarmantes, si l’on sait à titre illustratif qu’en 2007 plus de 375 cas de kidnapping, 115 cas ayant une relation avec le terrorisme et 260 autres relevant du droit commun, ont été
enregistrés.
Ces chiffres «effrayants», rappelle-t-on, ont été communiqués récemment par le ministre d’Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, M. Noureddine Yazid Zerhouni, au Conseil de
la nation. Effectivement, aujourd’hui on se retrouve face à des esprits tourmentés. Pour ces derniers, l’enfant ne peut être considéré que comme une marchandise. Le drame existe et nécessite une
prise en charge particulière de la part des pouvoirs publics, estiment certaines voix contactées, hier, à cet effet.
IL FAUDRAIT DÉCLENCHER LES RECHERCHES 2 HEURES APRÈS LA
DISPARITION
L’avocate Mme Benbraham qui voit le problème tout à fait d’un autre œil, considère, pour sa part, pour le cas de l’Algérie qu’il faudrait de prime abord
remodeler le texte régissant ce genre de délit. Entamer les recherches de l’enfant 24 heures après sa disparition «minimise», selon elle, les chances d’avoir des informations toutes fraîches sur
la personne en question. Me Benbraham estime qu’il faudrait envisager à l’avenir de déclencher les recherches 2 heures après la disparition, de façon à pouvoir collecter les indices «justes»,
permettant d’agir dans le bon sens des choses.
Cela confortera certainement les familles algériennes, aujourd’hui toutes sensibilisées plus que jamais à ce genre de pratique, et ce grâce à la presse, ayant pris les devants ces dernières
années, reconnaît notre interlocutrice, en s’intéressant de très prés à cette «épineuse» problématique. Catégorique, l’avocate affirme que ce phénomène est l’œuvre de réseaux criminels organisés,
agissant pour de multiples motifs : pédophilie, trafic d’organes, demande de rançon… Toujours au plan réglementaire, Me Benbraham fait savoir que dans le code pénal, il n’existe pas de
distinction entre un enlèvement, un rapt et un kidnapping. Questions qu’il faudrait absolument délimiter à l’avenir, selon elle. S’ajoute à cela, l’importance de «durcir les peines» dans
l’objectif de dissuader les criminels en quête de gain facile.
Par ailleurs, Me Benbraham tient à préciser dans le même contexte qu’un énorme travail doit être fait, notamment en vue de régler définitivement le problème de l’affiliation des enfants. Le faire
par le moyen scientifique qui est l’ADN s’avère, selon elle, un élément indispensable devant permettre de rendre les enfants une fois retrouvés à leurs familles d’origine. L’affiliation,
tient-elle à préciser, est un droit naturel de l’enfant devant lui épargner beaucoup de problèmes.
OPTER POUR LA PEINE CAPITALE
Pour sa part, le docteur Khiati, président de la FOREM, indique que la
journée mondiale des enfants disparus est une occasion propice pour sensibiliser davantage la société sur ce nouveau fléau qui a vu, selon lui, ses premières apparitions durant les années 90.
Notre interlocuteur attire l’attention cependant sur les multiples motifs poussant les ravisseurs à s’adonner à cette pratique, accentuant ainsi la prolifération de ce phénomène, loin de toute
moralité.
Face à cela, M. Khiati recommande de combler en premier lieu les vides juridiques existants et d’opter aujourd’hui plus qu’hier pour la peine capitale et ce par la force de la loi. Le président
de la FOREM met l’accent également dans le même contexte sur la nécessité de sensibiliser les parents, qui, dans la plus part des cas enregistrés, on a eu à remarquer une certaine négligence de
leur part. Cela dit, indique-t-il, la responsabilité des parents est la première chose à souligner. A cela s’ajoute la nécessité, dit-il, d’adapter nos services de sécurité à ce nouveau
phénomène. Cela suppose une spécialisation et une dotation de matériels appropriés aux agents de sécurité pour mener à bien les missions d’enquête et de recherche.
En somme, conclut M. Khiati, il est important de mettre en place des plans spéciaux de lutte contre les disparitions et abandonner les anciennes mesures, à l’exemple des recherches qu’on entame
24 heures après. Cela est tolérable, nous dit-t-il, uniquement pour les adultes mais pas pour les enfants.
26-05-2008
Horizon - Karima Alloun.